Petit Train
Un article de TourneWiki.
Sommaire |
Le train passait à Tournefeuille...
Plus exactement les trains de la « Compagnie des Chemins de fer du Sud-Ouest » (SO) entre 1900 et 1950. Une ligne de chemin de fer reliait Toulouse gare Roguet (situé à l'emplacement de l'actuelle poste de l'avenue Étienne Billières qui débute Place de la Patte d'Oie) à Boulogne-sur-Gesse, à la limite du département des Hautes-Pyrénées, après avoir fait une courte incursion de 24 km dans le département du Gers. Il y avait aussi un court embranchement de 7 km de Sainte-Foy-de-Peyrolières.
- Ouverture de la ligne par tronçons au fur et à mesure de la construction entre 1900 et 1901
- Fermeture définitive de la ligne le 31 décembre 1949.
Pourquoi "Petit Train" ?
Pour des raisons de coût de la construction de la voie et des ouvrages d'art, sans oublier le coût des locomotives et des wagons et en prévision des problèmes de rentabilisation de ces très lourds investissements, qui s'avèrent au moment même de la conception, aléatoire (il y avait aucune industrie rémunératrice sur le tracé de la voie) il est décidé, ceci en accord avec l'état et le conseil général, que:
- la voie ferrée sera une voie métrique ce qui signifie que l'écartement entre les deux rail sera de 1 mètre alors qu'il est de 1,435 mètre pour les voies de grandes compagnies ferroviaires. (la SNCF n'existait pas encore). Les locomotives seront donc moins lourdes et les wagons plus étroits et moins longs. Pour les professionnels ce sera un chemin de fer à voie étroite mais pour les usagers le nom sera vite trouvé : "petit train".
- de la gare Roguet Toulouse à Lardenne le train roulait sur la route, ce que l'on a du mal à imaginer aujourd'hui ! Juste avant l'entrée sur le territoire de la commune de Tournefeuille et avant le passage sur le pont qui enjambe le Touch. La voie était en "site propre" ce qui signifie qu'elle suivait son propres tracé dans la campagne, les communes n'était pas urbanisées comme aujourd'hui. Ceci est valable tout particulièrement pour Tournefeuille. Il n'y avait donc pas de rues où passait la voie, c'est le contraire qui s'est produit: on a utilisé le tracé de la voie pour implanter des routes et des rues quand les trains ont cessé de circuler.
L'ancien pont de la voie ferrée traversant le Touch
En ce qui concerne Tournefeuille, en venant de Toulouse et en se dirigeant vers Plaisance-du-Touch, la voie longeait l'avenue Jean Jaures. On remarque un espace plan et dégagé important à droite entre la rangée de platanes et les clotures des maisons d'habitation. Ensuite la voie décrochait pour contourner le village et suivait le tracé qui correspond aux rues actuelles suivantes:
- rue Jean Mermoz
- rue Clément Ader (on peut encore voir le batiment de la gare de Tournefeuille devenue maison d'habitation).
- rue du Docteur Baudet
- rue du Petit Train (longue ligne droite)
- rue de la Garenne (derrière le supermarché Champion)
Le Petit train entrait ensuite sur le territoire de la commune de Plaisance-du-Touch... et ceci est une autre histoire...
Locomotives Pinguely de la « Compagnie des Chemins de fer du Sud-Ouest » (SO)
D’un poids à vide de 18,2 tonnes et d’un poids en ordre de marche de 23 tonnes, ces locomotives donnèrent entière satisfaction. Seules la N°3 et la N°5 furent vendues en 1937 pour cause de mauvais état général dû à un usage intensif. Les quatre Pinguely restantes demeureront en service jusqu'à la fermeture de la ligne Toulouse à Boulogne-sur-Gesse le 31 Décembre 1949.
En 1937, la Compagnie décide de réformer une partie du matériel roulant : « Il s’agit des unités les plus défectueuses du réseau et qui, dans l’ensemble, sont les moins aptes à assurer un service quelconque. » selon l'ingénieur en chef.
- Sont ainsi désignés :
- 13 locomotives dont les deux Pinguely
- 27 voitures pour voyageurs
- 10 fourgons
La proposition la plus avantageuse pour la Compagnie émana des « Établissements Tapiau » 10 Rue des Arcs-Saint-Cyprien, à Toulouse, qui offrait 140 000 Francs pour tout le lot.
Avec l'assentiment du Conseil Général de la Haute-Garonne donné le 13 Mai 1937, tout ce matériel roulant sera détruit par le célèbre « ferrailleur » toulousain, à la suite de son achat au cours du mois de juillet suivant. Ce dépeçage ne constituera qu'une répétition générale en attendant le début des années cinquante et la destruction massive de tout le matériel roulant restant.
Bien que les six locomotives Pinguely furent les seules machines à vapeur achetées pour la ligne « Toulouse à Boulogne-sur-Gesse », dans la pratique les locomotives Corpet-Louvet affectées à d’autres lignes du réseau seront aussi mises à contribution sur ce trajet. Ainsi dès 1902, on verra des Corpet-Louvet, acquises en vue de l'ouverture de la ligne de Cadours, circuler sur la ligne de Boulogne sur laquelle il manquait du matériel roulant.
Les locomotives Corpet-Louvet « Compagnie des Chemins de fer du Sud-Ouest » (SO)
La Société anonyme dite : « Compagnie du Chemin de Fer d’intérêt local de Toulouse à Boulogne-sur-Gesse avec embranchement de Fonsorbes à Sainte-Foy-de-Peyrolières, par Saint-Lys » avait été substituée au concessionnaire, Monsieur Félix Mandement le 21 Juillet 1898.
Cette société passa commande de huit locomotives de type 030T (Locomotive tender à six roues motrices) : Six Pinguely pour la ligne principale et deux Decauville pour l’embranchement.
Ces locomotives n’étaient pas livrées le 16 Octobre 1900, date de l’ouverture au trafic du premier tronçon de la ligne principale,Toulouse-Fonsorbes, et de l’embranchement Fonsorbes - Sainte-Foy-de-Peyrolières. Les convois furent donc tractés pendant presque cinq mois par deux locomotives Weidknecht louées à l’entreprise de construction de la ligne.
Les affaires semblaient donc mal engagées pour l’entreprise Corpet-Louvet dans la région toulousaine. La situation allait radicalement s’inverser en 1901 avec l’arrivée de Monsieur Paul Grosselin au poste de Président du Conseil d’Administration de la « Compagnie des Chemins de fer du Sud-Ouest » (S.O), nouveau nom de la Compagnie à dater du 11 mai 1901. Celle-ci n’allait plus acquérir que des Corpet-Louvet pour compléter son parc de locomotives à vapeur.
Au fil des années, de 1902 à 1912, trente locomotives seront commandées à la maison Corpet-Louvet :
- Vingt-deux 030T de 17 tonnes à vide, N° 20 à 41.
- Sept 030T de 21 tonnes à vide, N° 201 à 207.
- Une 130T de 24 tonnes à vide, N° 301.
Autorails de Dion-Bouton
Nous avons vu que les locomotives à vapeur de la Compagnie du Sud-Ouest pouvaient être amenées à desservir d'autres lignes du réseau que celles pour lesquelles elles avaient été affectées au moment de leur achat .Il en aura été de même pour les autorails puisque les quatre premiers (Numérotés logiquement 1, 2, 3 et 4), acquis pour assurer le transport des voyageurs de la ligne Toulouse-Revel sur la rive droite de la Garonne seront photographiés sur les lignes Toulouse à Cadours et Lévignac ainsi que sur la ligne Toulouse à Boulogne-sur-Gesse qui nous intéresse ici tout particulièrement puisqu'elle passait à Tournefeuille.
Dès la fin des années 1920 le trafic avait accusé une nette régression sur l'ensemble des lignes du réseau. Cette régression commerciale était due au fait que les voyageurs étaient captés par les autobus qui les transportaient au cœur des villages en empruntant des trajets plus directs et donc plus rapides que ceux qui avaient été envisagés à la fin du 19eme siècle pour les voies ferrées. De plus en ce qui concerne le transport des marchandises et surtout du bétail, fret très important pour cette région d'élevage, les camions qui arrivaient maintenant sur les marchés des villages bénéficiaient de nombreuses améliorations techniques et offraient une plus grande souplesse d'horaires très intéressantes pour les transporteurs, les vendeurs et les acheteurs.
Pour faire face à cette désaffection du public, dangereuse pour l'équilibre financier de la Compagnie, en plus des quatre autorails, six automotrices à accumulateurs furent acquises entre 1929 et 1934 pour être mises en service sur la ligne Toulouse à Sante-Foy-de-Peyrolières, puis sur la ligne principale de Toulouse à Boulogne-sur-Gesse. Les résultats économiques ayant étés jugés satisfaisants, 7 autres autorails furent achetés pour finir d'équiper les lignes du réseau. Mais ces lignes étant devenues lourdement déficitaires elles furent fermées une à une.
Ces machines finiront donc leur carrière entre Toulouse et Boulogne-sur-Gesse, dernière ligne du réseau en fonctionnement et son embranchement Fonsorbes à Sainte-Foy-de-Peyrolières. Toutes n'assuraient pas le service, les plus défectueuses servaient de stock pour les pièces détachées. Pour toutes l'histoire s'arrêta le 31 Décembre 1949. A la gare de Tournefeuille furent garés les wagons en attente de la destruction par les ferrailleurs.
La Gare de Tournefeuille
Nous avons retrouvé dans les archives de la mairie de Tournefeuille, à l'intérieur du registre utilisé pour le calcul
de la "contribution foncière", la déclaration de construction de la gare.
Les travaux débutèrent le 16 juillet 1900 et la déclaration fut effectuée le 13 novembre 1900, ce qui peut paraître bien tardif quand on sait que la ligne fut ouverte au trafic voyageurs le 16 octobre de la même année. Il est fort possible que les travaux intérieurs de finition n'étaient pas terminés au moment de l'ouverture de la ligne comme ce fut le cas pour la proche gare de Fonsorbes, ainsi que l'atteste un document en notre possession.
Exception faite de la gare Roguet à Toulouse, important point de départ de trois lignes et de leurs embrachements, qui était d'un type particulier car elle abritait les bureaux de la direction et du personnel administratif, tous les bâtiments voyageurs de la ligne Toulouse à Boulogne-sur-Gesse et son embranchement furent construit sur le même modèle:
- maison à étage avce toit à deux pentes, quatre portes fenêtres au rez-de-chaussée et quatre fênêtre à l'étage.
- les encadrements dse portes et des fenêtres et les angles du bâtiments étaient ornés de briques apparentes et les murs couvert d'un crépi gris.
- le nom de la station était inscrit en lettre rouges dans un cartouche à fond blanc centré sur la façade de la gare située côté voies ferrées.
Adossé à ce bâtiment, au premier étage duquel résidait la famille de la "gare station", se trouvait un petit local abritant d'un côté les W.C. (communs aux voyageurs et aux habitants de la gare) et de l'autre la lampisterie, visible à droite sur la photgraphie. comme c'était le cas pour de nombreuses habitations à cette époque, il n'y avait pas l'eau courante dans les gares de la Compagnie du "Sud-Ouest", sur le terrain desquelles était creusé un puits. La différence notable entre les gares venait du fait que la halle marchandises pouvait être attenante au bâtiment principal ou indépendante. En ce qui concerne Tournefeuille on peut voir à gauche du cliché la halle attenantesur le quai haut correspondant à la hauteur de plancher des wagons. Les halles avaient été éloignées du bâtiment voyageurs dans les gares dont on attendait un important trafic de marchandises, ce qui permettait de laisser des wagons en stationnement le long de leur quai, (ceci, n'était pas possible sur la voie d'évitement qui passait devant les halles attenantes).
Situé à 5 km de Toulouse, cette "station" n'eut pas une activité débordante. Dès le 30 juillet 1908, une partie des voyageurs vers la capitale régionale fut captée par les tramways qui arrivaient à Lardenne. S'il fallait faire 2 km pour les emprunter, ils portaient les passagers à la place Esquirol au centre de Toulouse alors que le trains du "Sud-Ouest" s'arrêtaient dans le quartier Saint-Cyprien. Puis, là aussi les autobus prirent la relève de la concurrence...
A Tournefeuille on retrouvera une activité identique à celle des stations des villages de la ligne. Rien à voir avec les gares des grosses bourgades, en général chefs lieux de cantons, dans lesquelles se déroulaient les foires et les marchés célèbres dans la région: Samatan, l'Isle-en-Dodon, Boulogne-sur-gesse...
Elle fut fermée au public qui l'avait peu à peu désertée le 31 décembre 1949 à minuit.









